Ce qui a finalement mis hors jeu Blatter, et la raison de l’implication du FBI?

Comptant sur le soutien d’une grande majorité des fédérations nationales de football à travers le monde, Sepp Blatter s’était bien accroché à son poste, malgré l’appel à la démission par l’UEFA à cause des affaires de corruption qui avaient éclaboussé la FIFA dont il était président depuis 16 ans. Son cinquième mandat « n’aura duré que quatre jours ». Vainqueur  haut la main des élections du 29 mai dernier, on le croyait plus fort que jamais. Mais alors, qui a pu finalement le contraindre à changer d’avis ? D’où sont venus les pressions ? Les enquêtes du FBI ? L’UEFA avec son président Michel Platini ?

A peine réélu président de la FIFA (Fédération internationale de football association), pour un cinquième mandat, Sepp Blatter a démissionné le 2 juin. On peut s’imaginer le sentiment (de regret, frustration, honte, incompréhension, …) des fédérations nationales de football de tous les continents (à part l’Europe) qui lui avaient préféré au prince jordanien Ali Bin Al Hussein lors du congrès tenu à Zürich.

Quelques jours auparavant, le président de l’UEFA (Union of European Football Associations c’est-à-dire Union des associations européennes de football) Michel Platini lui avait demandé de quitter la présidence à cause des affaires de corruption qui avaient terni l’image de la FIFA mais le suisse ne l’entendait pas de cette oreille.

Michel Platini n’avait pas exclu de boycotter certaines compétitions de la FIFA voir même de faire scission. Apparemment, l’ancien triple ballon d’or français avait bel et bien compris la gravité de la situation.

Le FBI avait aussi promis de pousser le bouchon trop loin après arrestation de sept personnes soupçonnées d’être impliquées dans cette affaire de corruption au sein de la FIFA.

En effet, il s’agirait de pots-de-vin relatifs à l’organisation de la coupe du monde de 2018 (attribuée à la Russie), celle de 2022 (au Qatar), 2010 (Afrique du Sud) et même celle de 1998 (France). Pour rappel les États-Unis étaient candidats à l’organisation de la coupe du monde de 2022 attribuée au Qatar. L’Angleterre avait été candidate à celle de 2018 attribuée à la Russie. Les Anglo-saxons n’auraient pas apprécié.

Quelle est la raison de l’implication du FBI (Federal Bureau of Investigation) dans ces affaires?

Tout commence le 27 mai (à deux jours de l’élection du président de la FIFA). Selon Le Monde, à la demande de la justice américaine, sept représentants de la FIFA sont arrêtés à six heures du matin à l’hôtel 5 étoiles Baur au Lac, soupçonnés d’avoir encaissé 150 millions de dollars depuis les années 90, grâce à leur position dans le football. Le même jour, le tsunami atteint les côtes américaines, où le Département de la justice annonce l’inculpation pour corruption de neuf élus de la FIFA et de cinq partenaires de l’instance mondiale du football.

Les investigations se poursuivent à Miami, au siège de la Confédération d’Amérique du nord, centrale et Caraïbes (Concacaf), où les agents de la police fédérale américaine enlèvent des dizaines de cartons. Une grande partie de virements d’argent aurait été effectuée sur le sol américain aussi la Justice du même pays doit-elle se saisir de l’affaire.

Le scandale prend une tournure diplomatique. A Moscou, Vladimir Poutine accuse lui les États-Unis d’utiliser sa justice pour « empêcher la réélection » de Joseph Blatter. « Il s’agit d’une violation très grossière des règles de fonctionnement des organisations internationales », fustige le président russe.
 Qu’est-ce qui a déclenché la résignation fatale de Joseph (Sepp) Blatter?
Lundi 1er juin, le prestigieux quotidien New York Times fait des révélations de corruptions selon lesquelles le secrétaire général de la FIFA (et bras droit de Blatter) le français Jérôme Valcke serait l’auteur du transfert de 10 millions de dollars sur des comptes gérés par l’ancien vice-président de la FIFA, Jack Warner. Blatter accuse le coup, il n’a plus rien à faire, le lendemain 2 juin, il annonce sa démission.
Le 3 juin, le même journal, New York Times, nous apprend que Joseph Blatter lui-même serait cette fois-ci directement inquiété. Ce n’est pas encore confirmé, mais on voit clairement que le nœud se resserre autour du président démissionnaire de la Fifa ». Son successeur sera connu entre décembre 2015 et mars 2016.
 FIFA, une industrie de fabrication d’argent?
Sous le règne de Blatter, la FIFA aura été transformée en une véritable industrie d’argent. De 1995 à 1998 l’instance a encaissé 229 millions de bénéfices. De 2011 à 2014, les fonds auront spectaculairement renfloué les caisses à hauteur de 5089 millions. La coupe du monde en France avait rapporté 100 millions et celle de Brésil, l’année dernière 2161 millions d’euros. Ce sont les droits de télévision qui enrichissent davantage la FIFA puisqu’ils représentent 84% de ces bénéfices.
Jean-Claude Mulindahabi
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